Les tests de caractère pour les chiots : utiles ou futiles ?

Imaginez pouvoir prédire le caractère de votre chiot avant même de l’adopter. Les tests de caractère prétendent vous offrir cette possibilité, mais sont-ils vraiment dignes de confiance ? On se demande souvent si son chiot à la “bonne” personnalité pour devenir un parfait compagnon. Les tests de caractère, effectués dans l’élevage autour des 7 semaines du chiot, sont souvent présentés comme une solution pour évaluer les aptitudes de nos amis à quatre pattes avant de les adopter. Mais ces tests sont-ils aussi fiables que ça pour prédire l’évolution du tempérament d’un chien ?

Dans un monde où l’éducation canine est devenue une préoccupation majeure pour les propriétaires de chiens, les évaluations comportementales sont souvent présentées comme un moyen d’anticiper les futurs comportements et de faciliter l’adoption d’un chiot. Pourtant, ces tests sont aujourd’hui critiqués pour leur manque de fiabilité et leur subjectivité. Certes, l’observation in situ offre de nombreuses pistes sur le futur tempérament de l’individu. Cependant, c’est sous estimer l’énorme impact de l’environnement dans lequel le chien grandira et qui façonnera l’adulte qu’il deviendra. Cet article se propose de faire la lumière sur cette controverse en examinant les avantages, les limites et les conclusions des dernières recherches scientifiques sur le sujet.

La sélection de mon australien avec un test de caractère

Je raconte souvent l’histoire du choix de mon premier chien d’élevage. Grande fan assumée de la couleur merle, j’avais visité l’élevage pour choisir une des trois femelles rouge merle disponibles. Forte de ma grande expérience en… Lecture de livres vieux de 20 ans, j’avais appris par cœur les tests à effectuer. Il me fallait un chiot confiant mais “pas trop dominant”. A l’époque, j’ai eu une chance inouïe : la possibilité de sortir les chiots de leur enclos et de les manipuler seule. 

J’avais donc sorti les femelles en premier, une par une. Pas besoin de test complexe : elles fuyaient mon contact, se plaquaient contre le mur et pleuraient. Le mâle rouge merle n’avait rien à faire de moi et cherchait à se carapater par tous les moyens. Restaient les rouges tricolores, couleur que j’aimais le moins. L’un des chiots cherchait un peu plus le contact, et eut le meilleur résultat des évaluations de toute la portée. C’est celui que j’ai choisi. 

J’étais partie pour une femelle rouge merle et je revenais avec un mâle rouge tricolore… Et je ne l’ai jamais regretté. Il fut tout ce que sa personnalité laissait transparaître, un chiot joyeux, ouvert au monde, hyper polyvalent et pas craintif pour un sou. Mais était-ce grâce à ce fameux test de comportement ?

Le processus d’expertise du caractère 

On distingue en général deux modèles d’évaluation du tempérament d’un chiot :

  1. L’évaluation comportementale. Cette méthode implique l’observation du chiot dans différentes situations de la vie courante. On prendra notre de ses réactions face à des stimuli tels que des bruits forts, des objets inconnus, des personnes étrangères… Les individus sont pris en charge dans leur globalité pour obtenir un résultat. Ils sont souvent effectués par l’éleveur ou un éducateur canin. Leur but principal est de dépister précocement des traits préoccupants : peur excessive, protection de ressources, agressivité, hyperactivité etc. 
  2. Les tests de tempérament : ces tests impliquent l’utilisation d’un protocole standardisé pour évaluer les réponses comportementales du chiot face à des stimuli précis. On note ses réactions face au toucher, aux manipulations, à la contrainte, aux bruits soudains…. Ils étaient à la base conçus dans un usage scientifique et/ou vétérinaire, et ont été détournés par le public. C’est en essence, une évaluation formelle, qui doit être effectuée par une personne inconnue et qui vise à déterminer les traits de personnalité du chiot, afin de le faire correspondre à une famille adaptée. Par exemple, placer un chien calme et très volontaire pour travailler dans un programme de chien guide. C’est le cas du très connu “Test de Campbell”. 

I. Tests de caractère : le grand éventail de fiabilité

Explorer le vaste monde des tests de tempérament chez les chiots peut s’avérer déroutant, tant leur fiabilité varie d’un test à l’autre. Découvrons ensemble les différentes méthodes d’évaluation, en mettant en lumière leur efficacité et les nuances qui les caractérisent.

Le test de Campbell

Développé dans les années 1970 par le Dr William Campbell, ce protocole est l’un des tests de tempérament les plus connus et les plus utilisés pour les chiots. Créé pour évaluer les portées de Berger Allemand de son auteur, il fait à présent partie de la routine de sélection de beaucoup d’organisations (chiens guides, chiens policiers, chiens de sauvetage en montagne…). Il doit se dérouler dans un lieu étranger du chiot âgé de 7 semaines, et mené par une à deux personnes inconnues. Les étapes sont les suivantes :

  • L’attraction sociale (assis par terre, on appelle le chiot – vient-il ?)
  •  L’aptitude à suivre (réaction du chiot quand le testeur s’éloigne)
  • La réponse à la contrainte (réaction du chiot quand il est tenu 30s sur le dos)
  • La dominance sociale (réaction du chiot quand on appuie sur sa tête et son dos)
  • Dominance par élévation (réaction du chiot quand il est porté)

Les réactions des chiots sont notées de A à E. Les A sont des réponses “dominantes agressives” (attitudes hautes, chiot vif, qui peut se débattre) tandis que les E sont “très soumis” (hésitations, facilité de manipulations). Au milieu, les réponses B sont de la “dominance loyale” et C “soumis équilibré”. La majorité de réponses dans l’une ou l’autre catégorie définit, selon son auteur, le caractère final du chiot. Encore vastement utilisé grâce à sa simplicité, il est pourtant dépassé depuis une vingtaine d’années. 

Le test de Volhard

Créé en 1996 et actualisé en 2003, le test de caractère mis en place par le couple Volhard s’inspire grandement du protocole de Campbell. On y retrouve la même échelle d’évaluation et la même notation. Les chiens sont donc considérés comme dominants, soumis ou indépendants. 

Néanmoins, sa présence dans cet article se justifie par une liste plus complète de tests, ne se résumant pas à pousser le chiot dans ses retranchements puis le qualifier de dangereux. On y trouve des moyens d’évaluer les aptitudes du chiot avec des tests de rapport d’objet, de prédation ou de sensibilité sonore, auditive et tactile. On peut trouver le détail de cette évaluation ici : test de Volhard, traduit en français / québécois (pour certains anglicismes).

Les Volhard, maintes fois récompensés par leurs écrits, ont également produit d’autres moyens d’évaluer le tempérament d’un chien, comme le très mal nommé “test de personnalité canin”. Ce dernier permet d’évaluer le chiot ou chien selon 4 axes : la prédation, la sociabilité interspécifique, l’agression et l’anxiété. En notant de 1 à 10 des questions comme “renifle souvent par terre” ou “secoue et met à mort ses jouets” ou encore “cherche le contact visuel”, le test prédit de façon assez fiable le profil du chien. Un moyen très novateur pour l’époque de prendre en considération la génétique et les patrons moteurs des canidés. 

C-BARQ

Le Questionnaire d’évaluation et de recherche sur le comportement canin (Canine Behavioral Assessment & Research Questionnaire) est le test le plus moderne de cette liste. Développé par Yuying Hsu et James Serpell en 2003, c’est celui qu’on retrouve largement dans toutes les études scientifiques de ces 20 dernières années. Au contraire des précédents tests, le C-BARQ n’est pas uniquement dédié à l’évaluation des chiots. Ce n’est pas un testeur qui procède à l’analyse mais le propriétaire via un questionnaire en ligne. Cela permet donc de recouper une énorme quantité de réponses afin de faciliter les processus d’études, et tirer les grands axes comportementaux du moment. A ce jour, la base de données C-BARQ recoupe +50 000 évaluations comportementales comprenant plus de 300 races et croisements différents.

Le test se découpe en 14 questions principales, qui tirent les grands points comportementaux principaux. On y voit par exemple l’agression intra et interspécifique (et plus de dominance !), l’anxiété de séparation, la recherche active d’interaction, la prédation, l’excitabilité ou le niveau d’énergie. En bref, un protocole infiniment plus complexe pouvant permettre des analyses et des résultats qui ne se limitent pas à “ce chien est soumis, ce chien est indépendant”. 

II. Les énormes failles des tests de caractère

Encore cette foutue dominance

Le problème est commun aux deux processus d’évaluation, qu’il s’agisse d’une évaluation comportementale ou d’un test de tempérament. Commençons par le plus simple. Les tests de tempérament proposés avant le C-BARQ sont basés sur le principe fallacieux de dominance inter-spécifique. On le sait à présent, le chien ne veut pas prendre la tête du foyer et écraser toute rébellion humaine. Les petits bouts de 6 semaines qui apprennent tout juste à marcher n’ont pas la moindre envie de dominer qui que ce soit. Chercher à dépister une éventuelle soumission problématique (car signe d’anxiété) ne fait aucun sens. 

On pourrait alors se dire que l’évaluation comportementale, plus globale, échappe aux écueils de Campbell ou de Volhard. Que nenni ! Leurs créateurs partaient du principe qu’il existait à la fois un caractère donné pour chaque chien, ET des problèmes de comportement. Un chien pouvait avoir un tempérament confiant et indépendant (dominant-neutre selon Campbell) mais être décrété agressif car il avait montré les crocs à un congénère. Comme si l’agression était un nodule venu se greffer sur un chiot parfaitement sain. Cela ne fait aucun sens.

On le sait aujourd’hui, le chien n’est pas “agressif” ou “peureux”. Son caractère ne se définit pas avec son plus gros problème comportemental. Il peut être joyeux et sociable dans une situation (balade en groupe avec des copains chiens) et réactif dans d’autres (balade en laisse devant des chiens hurlant derrière leur grillage). Ils ne sont pas “peureux” : ils exhibent dans des situations, des signes de peur. Cela ne les définit pas.

Critiques et controverses sur leur fiabilité et leur validité

Bien que les tests de caractère offrent des avantages certains, il est difficile de se fier à leurs conclusions. Tout d’abord, ces tests sont souvent basés sur des situations spécifiques qui ne reflètent pas nécessairement le comportement du chiot dans son environnement quotidien. Un endroit nouveau pourra impacter les chiots de façon très différente. Croquette pourrait bien être la plus attentive de la portée, mais en cet instant T, elle préfèrera renifler la lampe dans un coin plutôt que d’accorder toute sa concentration au testeur. A l’inverse, le craintif Totoro sera impressionné par cette grande pièce vide et préférera rester dans les pattes de cet humain rassurant, lui donnant donc de meilleurs scores qui, dans leur globalité, ne font pas sens.

De plus, la subjectivité des évaluateurs peut influencer les résultats. Nous, humains, ne sommes pas vraiment reconnus pour être détachés et impartiaux. En fait, c’est même tout l’inverse. Si nous aimons des chiots indépendants, nous pouvons avoir tendance à leur donner des caractères mélioratifs en comparaison des chiots “serviles” suivant à la trace. Enfin, la variabilité des comportements des chiots selon leur âge et leur niveau de développement rend difficile l’interprétation des résultats. La validité prédictive de ces tests sur le comportement futur des chiens est limitée, comme l’ont montré plusieurs études scientifiques. On peut par exemple citer Development of a behavior assessment for canine temperament test” publiée en 2021.

Le cercle vicieux de la stigmatisation et de préjugés

Nous avons tous en tête le profil “parfait” de notre chien. Il est soit très proche de l’homme et féru de travail, soit indépendant et excellent communiquant, soit chasseur d’exception… Or, l’utilisation des tests de caractère chez les chiots peut entraîner des risques de stigmatisation ou de préjugés envers certaines races ou types de chiens. Par exemple, un chiot ayant obtenu un mauvais score à un test de caractère pourrait être perçu comme difficile ou inadapté à la vie en famille, alors qu’il pourrait simplement avoir réagi à un stimulus particulier ou avoir été influencé par son environnement le jour du test. 

Un chiot “dominant agressif” selon Campbell pourrait être placé uniquement chez des utilisateurs chevronnés qui donnent au chien une éducation très dure. Le chien sera donc façonné par la façon dont il est considéré et éduqué, et aura tendance à montrer des comportements agressifs. Il paraît logique d’être très prudent avec un chiot étiqueté comme “dangereux” et l’exposer uniquement à des adultes à fort caractère. Le cercle vicieux se boucle, en partant d’un préjugé, on modèle le chien qu’on imagine avoir entre les mains. Même chose pour un chiot défini comme très sensible qui sera couvé, peu exposé au monde et pourrait passer à côté de phases de socialisation qui auraient changé son approche face à la nouveauté. 

Les tests peuvent également renforcer des stéréotypes négatifs envers certaines races, qui sont déjà souvent victimes de discrimination. Un cavalier king charles noté comme “dominant” sera considéré très différemment d’un malinois ou d’un amstaff avec la même notation.

L’importance capitale du contexte

Il est crucial de prendre en compte le contexte et l’environnement du chiot lors de l’analyse des résultats des tests de caractère. Les chiots sont des êtres vivants en constante évolution, et leur comportement peut être influencé par de nombreux facteurs. Comme un enfant infernal car ayant vécu une journée bien remplie la veille, le chiot peut radicalement changer d’un jour à l’autre. L’heure du test en fonction de la sieste et des repas changera également les réactions des jeunes.

La socialisation, l’éducation, la génétique et les expériences vécues pèseront bien plus dans la balance sur le long terme qu’une analyse faite en cinq minutes. Un test de caractère ne doit pas être considéré comme une vérité absolue, mais plutôt comme un outil parmi d’autres pour mieux comprendre et accompagner le chiot dans son développement. Il est essentiel de ne pas oublier que le tempérament d’un chiot peut évoluer au fil du temps (surtout pendant l’adolescence) et qu’une approche éducative bienveillante et adaptée est fondamentale pour favoriser son épanouissement.

III. Tout n’est pas à jeter : les bénéfices des tests de caractère

Les tests de caractère chez les chiots, malgré leurs limites, présentent plusieurs avantages non négligeables pour les éleveurs, les éducateurs canins et les futurs propriétaires. Premièrement, ces tests permettent d’obtenir un aperçu du tempérament du chiot et de ses prédispositions comportementales. Leurs conclusions peuvent donner des indications sur les aptitudes d’un chiot, pour devenir un chien de travail, ou d’assistance par exemple. 

Deuxièmement, ils aident les éducateurs canins et les propriétaires à identifier les besoins spécifiques de chaque chiot en termes de formation et de socialisation, favorisant ainsi une approche éducative adaptée. Une évaluation précoce du tempérament permettrait de déceler les chiots sensibles au bruit avant leur période de peur et les exposer graduellement aux déclencheurs. A terme, cette sensibilité n’existerait plus, ou serait grandement diminuée. Dans cette même ligne, ils peuvent contribuer à la prévention des problèmes de comportement, en permettant une intervention précoce et ciblée. La protection de ressources peut être décelée très tôt, et diminuée avec des exercices quotidiens.

Enfin, ils offrent aux éleveurs et aux refuges la possibilité de mieux orienter les chiots vers des foyers adaptés à leur tempérament, réduisant ainsi les risques d’abandon ou de réadoption. Un chiot très vif et persistant fera le bonheur d’un agent de sécurité ou d’un chasseur, alors qu’un individu calme et câlin sera le plus heureux du monde dans un foyer urbain.

Bien que ces tests ne soient pas infaillibles, ils représentent un outil précieux pour mieux comprendre et répondre aux besoins de nos amis canins. Ils contribuent à une meilleure compréhension de la dynamique entre les chiots et leur environnement.

IV. Ce que dit la science sur les tests de caractère

Globalement, les résultats des études scientifiques sur l’efficacité des tests de caractère chez les chiots sont mitigés. Si certaines recherches ont montré que ces tests peuvent fournir des informations utiles sur le tempérament des chiots et aider à prédire leur comportement futur, d’autres études ont révélé des limites importantes en termes de fiabilité et de validité. Par exemple, certaines ont mis en évidence l’influence de l’âge du chiot, de l’environnement et de la subjectivité de l’évaluateur sur les résultats des tests, soulignant ainsi la nécessité d’aborder ces tests avec prudence et discernement.

Malgré les incertitudes entourant la fiabilité des tests de caractère, des scientifiques ont identifié des facteurs pouvant contribuer à améliorer leur pertinence. Parmi ces facteurs figurent la standardisation des protocoles d’évaluation, la formation et l’expérience des évaluateurs, ainsi que la prise en compte du contexte et de l’historique du chiot lors de l’interprétation des résultats. En outre, plusieurs chercheurs suggèrent que l’utilisation de méthodes d’évaluation combinées, telles que l’observation comportementale, les questionnaires et les mesures physiologiques, pourrait permettre d’obtenir une image plus complète et fiable du tempérament du chiot.

V. Quels sont les facteurs que je prends en compte en tant qu’éducatrice ?

Pour le choix d’un chiot en élevage, le conseil avisé d’un éleveur impliqué est irremplaçable. Les chiens qui m’ont le plus marqué sont ceux que je n’ai finalement pas choisis. Pour Ludie, kooikerhondje (épagneul) j’ai demandé un chiot très proche de l’homme, très câlin et apte à me suivre dans les sports canins. Pour Zuma, berger belge lignée travail, je voulais un chien polyvalent, qui pourrait à la fois m’introduire aux sports de mordant, monter en compétition d’obéissance mais également m’accompagner lors des stages que j’organisais. Les deux une fois adultes, convenaient parfaitement à mes attentes. Mon conseil est donc : faites confiance à votre éleveur ! (En tout cas, si c’est un bon sélectionneur – j’en ai déjà largement parlé dans les articles précédents). 

Zuma et Ludie

Cependant, si pour n’importe quelle raison, le choix vous revient (éleveur pas impliqué mais lignée que vous adorez, chiot adopté en SPA, etc…) voici les choses qui m’aident à faire un choix. Ces points sont liés à ce que j’attends personnellement chez un chiot, adaptez donc selon vos besoins. 

  • Le chiot se laisse manipuler, porter par des inconnus 
  • intrigué par l’environnement, curieux des objets que j’apporte ou que je laisse tomber (bouteille vide, jouets) 
  • Aime manger, cherche à jouer, tire sur les jouets ou les vêtements
  • Reste généralement dans le flot des autres chiots, n’est ni spécialement en arrière ni particulièrement indépendant
  • Suit des yeux ou activement un jouet traîné à terre 
  • Suit très spontanément l’humain lorsqu’il est seul en balade avec 

Ces points sont négociables et variables, mais s’harmonisent tous autour du type que j’aime : un individu bien dans ses pattes, que la nouveauté n’effraie pas, et qui montre des aptitudes à l’entraînement. Ces critères dépendent très peu de l’environnement et sont constants. Si les peurs ou les déclencheurs d’agression peuvent évoluer, l’envie de jouer, de manger et le plaisir à être caressé perdurent majoritairement dans le temps. 

Il est toujours important de rappeler que le choix du chiot est le dernier maillon de la chaîne lorsqu’on veut prendre en élevage. Il est capital de s’intéresser d’abord à la race, puis à la lignée et enfin à l’élevage qui remplira tous les critères (nous en parlons très en détail dans « Mieux choisir son chien« . Le pire chiot d’un excellent élevage sera quand même mieux armé pour la vie que le meilleur chiot d’un élevage moyen.  

Conclusion : révélateurs ou imposteurs ?

Les tests de caractère chez les chiots présentent à la fois des avantages et des limites. Ils peuvent offrir des informations précieuses sur le tempérament des chiots, offrant ainsi une meilleure sélection et une éducation adaptée. Toutefois, leur fiabilité et leur validité est remise en cause, et il est important de ne pas se fier aveuglément aux résultats de ces tests pour juger du caractère d’un chiot. Les dernières études scientifiques soulignent la nécessité d’aborder ces évaluations avec prudence et de considérer le contexte et l’environnement du chiot lors de l’interprétation des résultats.

Il est également essentiel de ne pas oublier l’importance de la socialisation et de l’éducation pour tous les chiots. Si la science doute de la prévision de l’évolution d’un caractère, elle a maintes et maintes fois prouvé qu’une socialisation primaire bien menée aidait réellement le chiot jusqu’à l’âge adulte. En fin de compte, c’est l’attention, la patience et la compréhension des besoins individuels de chaque chiot qui permettront de développer une relation harmonieuse et épanouissante avec nos amis canins. 

Les tests de caractère ne sont qu’un outil parmi d’autres pour mieux comprendre et répondre à ces besoins, et leur utilisation doit toujours s’inscrire dans une approche globale et bienveillante de l’éducation canine.