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10 signes que votre éducateur canin est un charlatan

Choisir un éducateur canin est une épreuve. Avec la grande diversification du métier, on trouve tous les profils. Parfois, ce sont des professionnels passionnés et hautement qualifiés. Souvent, des escrocs qui s’inventent des compétences et dont le chien agressif guérit tous les maux. On arrive chez eux avec un problème et on en ressort avec mille (avec justement, mille euros en moins dans son porte-monnaie).

Il est capital d’investiguer avant de débourser. Outre les points objectifs à noter (déclaration professionnelle, formations régulières…) le plus gros travail sera subjectif. Confier son meilleur ami à quatre pattes est plus qu’une question de feeling, mais bien de confiance. Derrière des réseaux sociaux soignés se cachent des secrets bien sordides. Dans cet article, nous vous donnons tous les conseils pour éviter de tomber dans le piège des charlatans, et favoriser les éducateurs canins respectueux et correctement formés.

 

 

1. Il n’a pas de chien

“Je veux dresser des chiens” ou “je veux travailler avec les animaux” sont les phrases qui peuvent mener au métier d’éducateur canin. Quand on est dans le milieu, entendre quelqu’un dire qu’il éduque des canidés alors qu’il n’a jamais tenu une laisse de sa vie laisse bouche bée. Pourtant… Ils sont nombreux à penser ainsi ! Le chien de leur tonton était sympa, le berger allemand de papa était lâché tout le temps, un chien les a marqué émotionnellement, et ils pensent que tous sont similaires à cette figure emblématique de leur enfance. Mais vouloir apprendre aux autres alors qu’on a pas eu le temps de maîtriser soi-même est une sacrée mauvaise idée.

Tout le monde peut regarder une recette de bœuf bourguignon exécutée par un chef, et la réciter ensuite en espérant un résultat similaire. Mais si votre plat s’avère très bon lors de la dégustation, seul un chef saura remarquer les petits mouvements précis à faire pour cuire la viande ou le timing parfait pour lier la sauce. Petits détails qui transforment un simple plat en délice gastronomique.

Alors avec des animaux doués de conscience, c’est carrément une autre histoire. 

Prenez plusieurs chiens et essayez de leur apprendre un petit tour rigolo, comme le salut ou le roule. Vous découvrirez à quel point il faudra adapter la méthode donnée pour réussir. Tenir la friandise d’une certaine façon, animer ou calmer le chien, diminuer ou augmenter le temps de travail… 

En clair : un éducateur qui n’a pas de chien va droit dans le mur. 

 

2. Son chien est infernal

 

Beaucoup d’éducateurs travaillent au contact de leur chien, souvent en leur imputant des capacités imaginaires. Mais il suffit d’observer pour que le voile se lève. Coupez le son, enlevez le sous-titrage de celui qui transformera une morsure d’agression en une remise en place justifiée, et si vous avez ouvert un bouquin de communication canine (comme “Les signaux d’apaisement” de Turid Rugaas) vous comprendrez. Le chien aboie car il est monté en excitation, offre de sublimes illustrations de l’instinct de prédation sur un petit chien, hérisse sa crête pour un rien, fixe ses congénères avec une défiance de roi… Si son maître l’utilise comme outil de travail, et que le fameux “docteur canin” manifeste des comportements problématiques qui auront une incidence sur votre chien, il faut reconsidérer l’expérience.

En outre, rien ne donne moins envie de sortir le chéquier que de constater l’absence d’une éducation sommaire. Un chien d’éducateur qui tire en laisse, vole des friandises ou loupe un rappel, ça arrive. En revanche si on l’amène lors d’une séance, c’est que son humain juge qu’il aura un rôle. Alors si ce toutou miraculeux prend votre compagnon par le cou et l’envoie dans la stratosphère, posez-vous des questions sur un arrêt immédiat de la séance.

 

 

3. Il pense tout savoir

Si sa façon d’éduquer tient la route, il a un ou plusieurs compagnons poilus capables de revenir au rappel, suivre en laisse sans tirer et ne pas manger tout ce qui traine. Lorsqu’on réussit ces choses-là avec un chien, on imagine qu’il est facile de généraliser et d’apprendre la même chose aux autres dans le même laps de temps. On a aussi plus facilement tendance à rester sur ses acquis et à ne pas vouloir apprendre plus. C’est dans ce gouffre que beaucoup d’éducateurs débutants plongent allègrement. Avec la formation très superficielle de l’ACACED (qui ne dure qu’un week-end, rappelons-le), il est extrêmement important de trouver des compléments de formation. Apprendre aux contacts d’autres personnes, se spécialiser dans un domaine, essayer plusieurs méthodes pour les intégrer dans votre boîte à outils… Ne laissez pas l’apparente facilité du métier vous duper.

 

 

4. Il se prend pour un gourou

 

La grande diversité des éducateurs permet de trouver de tout, du médiocre au meilleur, en passant par tous les dégradés des méthodes éducatives possibles. On peut pourtant les classer en deux catégories : ceux qui rééduquent les chiens, et ceux qui cultivent leur culte de la personnalité.

Ce sont des éducateurs non formés, et qui se décrivent volontiers comme les prophètes touchés par une soudaine lumière divine. Ils n’ont jamais ouvert un livre sur les codes canins mais savent déjà tout et promettent de rééduquer toutes les tares en deux heures. Leurs chiens ont du sang de licorne puisqu’ils sont “docteurs”, “régulateurs”, ou “rééducateurs” qui font preuve d’une absence de communication canine saine aberrante

Si vous voulez être éducateur et reconnu dans votre métier, rangez toute idée de déclarer avoir un chien magique, ou tout appris seul avec vos 3 semaines en SPA/club. Acceptez de ne pas comprendre certains points en débutant, et redirigez les cas trop complexes vers vos collèges. Ne pas savoir n’est pas une tare – en revanche pourrir le chien d’un client parce qu’on ne sait pas renoncer, ça l’est.

 

5. Il pense que seule l’expérience compte

Les éducateurs défendant ce mode de pensée ont tous un point commun : ils sont vieux ! Travaillant depuis longtemps dans leur métier, ils pensent avoir tout vu, tout compris, et cela justifie leur refus catégorique de se former. L’éducation est un milieu qui évolue vite, car soutenu par les sciences comportementales. On sait très bien qu’il est possible d’apprendre la marche en laisse de mille façons différentes, mais avoir obtenu un résultat ne signifie pas que la méthodologie est bonne. 

Pour empêcher un chien de manger par terre, on peut le frapper avec un objet lancé dès qu’il prend de la nourriture par terre, ou lui apprendre à ne pas le faire de lui-même, en renforçant le refus d’appât. Les deux auront le même résultat, mais la qualité de la méthode et du respect de l’animal diffère énormément. 

 

6. Il parle de lui, et pas de vous

 

Avec son complexe de supériorité, enraciné par tous les points précédents, M. Educateur a beaucoup de choses à dire… Sur sa pomme. Votre chien est bien sympa, mais bon la star c’est lui, surtout s’il partage ses exploits sur Youtube. Après la dizaine de questions d’usage, il explique généralement en long, en large et en travers à quel point vous avez merdé, et à quel point les éducateurs passés avant lui ont merdé. Ronronnant de contentement, il prend trente minutes pour expliquer sa méthodologie, où le client n’à qu’un rôle d’observateur (mais s’il crie son admiration ou pleure de bonheur c’est mieux). 

Il est assez drôle de l’entendre dire qu’il ne faut jamais forcer un chien qui refuse le contact, puis casser sa règle et appliquer sa main sur le crâne du fautif après 30min d’humiliants essais sans résultats. Bah oui, lui il peut le faire, mais pas vous. Surtout ne forcez pas hein !

 

7. Il n’avoue jamais ses erreurs

Bon d’accord, ce point-là est assez sensible. Admettre qu’on s’est planté est une épreuve d’honnêteté qu’on aimerait passer. Mais pour la grosse majorité des éducateurs, lorsqu’une bêtise est commise et imputable au professionnel, les excuses viennent naturellement aux lèvres. 

Mince, il a mal planifié la balade dans une forêt déserte pour calmer votre toutou anxieux : c’est en fait le point de rendez-vous des familles nombreuses. C’est l’enfer, et vous battez vite en retraite pour trouver un coin calme. Il s’excuse, les mots ne changent pas l’issue mais ils apaisent. L’éducateur charlatan vous affirmera avec aplomb que tout est normal, pire même, que la mauvaise réaction de votre chien est de votre faute.

Il n’y a rien de plus précieux qu’un éducateur qui redirige un cas qu’il n’est pas capable de gérer. De réaliser qu’il n’est pas assez formé, assez expérimenté, assez confiant pour mener à bien une rééducation, que le cas soit lourd ou non. 

 

8. Son chien a du sang de licorne

C’est lui qui devrait encaisser les chèques, parce qu’il sait tout. Grand berger omniscient (ce n’est étrangement, jamais un petit chien), le chien prodige descendu des cieux règlera tous vos soucis en deux claquements de mâchoires, facturés 1.500€ l’unité. Fifi est agressif avec ses congénères ? La licorne lui éclatera deux ou trois fois la face, et tout ira bien, car c’est en tapant dessus qu’on calme les chiens agressifs, c’est bien connu. Il tire en laisse ? Allez hop, un tour dans l’antre de la licorne, trois aboiements et à vous de payer la facture. 

C’est fou, car si vous l’aviez croisé en balade ce chien, et qu’il aurait démoli le vôtre, il n’aurait pas vraiment l’air d’un thérapeute. Mais comme son maître affirme qu’il rééduque, et que la caméra qui n’en loupe pas une miette intimide, il y a de quoi rester silencieux. Quel pire moment que cet instant pour réaliser qu’on s’est planté, et qu’on a jeté son gentil chien dans la gueule du loup ?

Vendu comme une exception extraordinaire, la licorne se duplique pourtant à l’infini quand l’éducateur adopte un nouveau chien. Il a un don hors du commun, qu’aucun autre chien n’a, mais si deux ou trois chiens rejoignent le foyer, ils deviennent tous naturellement chirurgiens – pardon, “docteurs”. C’est quand même bien pratique. 

 

9. Il n’est pas déclaré

Ce point devrait être au début, car c’est le plus important, pas vrai ? Tristement, non. Quand on cherche un éducateur, on va naturellement regarder le contenu qu’il produit, pour se familiariser avec sa méthodologie et juger de son succès. Articles, vidéos, réseaux sociaux peuvent encourager ou décourager un potentiel client. Mais à quel moment décide-t-on de vérifier le numéro de SIRET de l’entreprise, surtout si on est convaincu par ses prouesses ?

Aussi incroyable que cela puisse paraître, certains “éducateurs” très renommés et aux chaînes Youtube populaires ne déclarent pas un centime de leurs revenus. Prix exorbitants payés cash et simulacres de facture si vous êtes chanceux, ils encaissent sans assurance professionnelle, sans déclarer et règnent sur leur monopole avec une insolente insouciance. Pour parer à ça : demandez leur numéro SIRET ou SIREN, et vérifiez-le via un petit tour sur Google. 

 

10. Il utilise la même méthode pour des problèmes différents

Médor tire en laisse, Fifi aboie sur les invités, Roxy s’enfuit lors des balades et Trévor urine de peur en voyant un canidé. Quatre problèmes différents qui nécessitent quatre réflexions et méthodologies personnalisées. 

Sauf pour le charlatan, qui appliquera la méthode magique. Il enverra son chien licorne éclater la gueule de votre loulou, ou passera la séance à vous apprendre la marche au pied. Quel rapport, me diriez-vous ? Eh bien aucun, c’est bien le problème.

S’il suffisait de suivre un modèle de montage Ikea pour régler tous les problèmes canins (étape 1, il faut être l’alpha, étape 2, insérez la friandise A12 dans l’entrée buccale G’) le métier d’éducateur n’aurait aucun intérêt. Si tous les problèmes ont une même solution, pourquoi n’est-elle pas encore dans tous les articles et toutes les vidéos ?

 

 

Trois grains d’humour mais un paquet de vérité

Si cet article un peu sarcastique se veut être drôle, il est tristement basé sur des faits réels. Si vous faites partie d’un petit pourcentage ne connaissant pas encore les chiens “thérapeutes” ou les éducateurs “mille problèmes, une solution” vous avez beaucoup de chance. Ils sont pourtant de plus en plus populaires et offrent une image erronée du métier d’éducateur. 

On ne compte plus le nombre de clients qui viennent nous voir en affirmant avoir consulté 2 à 5 professionnels avant nous, qui ont empiré le problème (et allégé le compte en banque).

Soyez très prudents et ne croyez pas directement ce qui est montré dans des vidéos savamment montées sur une musique triste ou combative. Essayez de lire les chiens plutôt que les sous-titres, et demandez-vous pourquoi ces personnes font payer entre 1.500€ et 3.000€ la demi-journée de rééducation, alors qu’un éducateur formé varie entre 40€ et 75€ de l’heure.

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