Ce foutu assis ! – Etude de cas (1/2)

Ceux qui me suivent sur ma page facebook (Tales of Ludie & Nyastiel) auront vu passer une série de photomanipulations intitulée “un an après”, où je place sur une même image, Nyastiel chiot et adulte, en essayant de recréer les poses à l’identique. Vous pouvez en avoir un aperçu ici et . Or, c’est en préparant un shooting pour la suite du projet (des photos en extérieur) que j’ai dû me rendre à l’évidence : Nya était absolument incapable de s’asseoir correctement.

J’avais le vague souvenir de cet hiver, où j’avais dû m’y reprendre à plusieurs fois pour l’aider à s’asseoir correctement, mais comme le guider avec un leurre avait toujours pu aider, je n’y avais pas vraiment prêté plus d’attention, jusqu’au moment où… Même le leurre n’avait plus aucun impact.

 

 

Je n’ai aucune idée de l’historique de ce comportement, j’entends par là sa progression, car pendant un très long moment, il n’y avait aucun problème. Mais tournant autour des quatorze mois, le corps de mon chiot continue à évoluer, moins vite qu’avant certes… Mais il y a eu un moment où il a découvert que cette position était plus confortable pour lui qu’un assis “regroupé”.

Dans la mesure où une mauvaise position peut très rapidement créer d’autres problèmes (douleurs, blocages, compensations…) et que l’ostéopathe, vu un mois auparavant, n’avait rien décelé de ce côté, j’ai décidé de me mettre au travail, et de concentrer toute mon attention sur ce “foutu assis”.

 

 

Comprendre l’origine du problème – pourquoi mon chien s’assoit mal ?

 

Avant même de connaître le “fitness canin”, j’étais passionnée par la structure des chiens, c’est à dire l’impact de la longueur et de l’angulation des os sur le mouvement en général. J’ai donc rapidement retrouvé mes vieux réflexes et ressorti les livres d’Helen King pour analyser mon border.

 

Sans rentrer dans les détails (qui peuvent s’avérer particulièrement barbants lorsqu’on est pas passionné) j’ai marqué les points principaux qu’il me faudrait analyser, puis tracé une ligne horizontale à partir de la pointe de l’épaule de Nya (ceux qui ont suivi une journée de stage avec moi voient déjà où je veux en venir !)

 

Bon, eh bien inutile de chercher très loin.

En théorie, la ligne devrait relier la pointe de l’épaule et l’ischium (marqué par le post-it le plus bas, à l’arrière de sa cuisse) en une ligne horizontale.

Ici, nous découvrons donc un premier déséquilibre dans son squelette.

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin !

Je marque donc les angles de l’épaule et du pelvis, puis je les mesure. Inutile de préciser qu’ils sont inégaux, cela se voit à l’oeil…

 

 

En théorie, ils devraient être similaires.

L’angulation de l’épaule est bonne, selon les principes d’Helen King. En revanche, celle du pelvis est trop importante : cela signifie que Nya est “trop angulé” de l’arrière.

Pour finir, nous pouvons assez aisément voir que son fémur et son tibia ne sont pas de la même longueur, ce qui ne lui facilite pas la tâche lorsqu’il soit s’asseoir. 

 

Bien, mais qu’est-ce que tout ça peut bien vouloir dire ?

Pour vulgariser, mon chien a des postérieurs trop longs, et peine à les gérer, surtout en position assise. Il est plus facile pour lui de laisser glisser sa patte vers l’extérieur, car son tibia trop long le dérange. L’assemblage de ses postérieurs est très flexible, et donc fatalement… Manque au niveau de la stabilité, car il faut beaucoup plus de soutien musculaire pour maintenir ses pattes dans un axe correct.

Le problème, c’est que ce phénomène peut aller en s’amplifiant, et que cette patte aujourd’hui “un peu décalée” pour être dans quelques mois, totalement tournée vers l’extérieur… Ce qui à terme, ne sera pas bon pour son système locomoteur.

 

 

Par quoi commencer ?

 

La rééducation d’un chien n’est en soi qu’un gros objectif (ici : apprendre à Nyastiel à mieux s’asseoir) décomposé en petites missions (les exercices à faire régulièrement). Exactement comme lorsqu’on veut perdre du poids et qu’on se fixe des paliers, ou des petits succès à atteindre… La première chose à faire est donc de planifier le travail qui s’effectuera sur plusieurs semaines / mois.

C’est bien la première fois où j’ai réussi à tenir un carnet – je l’ai fait le plus simple et pratique possible, pour ne pas m’encombrer l’esprit avec son esthétisme. En un coup d’oeil, je vois ce que j’ai fait et ce qu’il me reste à faire. Terriblement efficace !

 

Le second point important, c’est de mettre en place une unité de mesure : pour revenir à la perte de poids, nous utilisons la balance ou le mètre ruban, car les chiffres ne peuvent pas être interprétés différemment : 60kg, c’est 60kg, point.

Ici, ce n’est pas possible de mesurer objectivement l’évolution de la rééducation, aussi faut-il utiliser un autre moyen : les photos et vidéos !

Grâce à cela, nous pouvons comparer la position ou le mouvement que l’on veut améliorer d’un mois à l’autre, et vérifier que des progrès sont bien visibles.

 

Voici mon point de repère vidéo : cinq assis, effectués le 17 mars.

Je vous conseille de regarder la vidéo au ralenti, c’est particulièrement intéressant…

 

 

  • On note par exemple qu’à 0.13, Nya place ses postérieurs en décalé avant de s’asseoir (ils ne sont pas sur la même ligne).
  • A 0.21, ses cuisses manquent de stabilité et il semble ne pas équitablement porter son poids sur son arrière-main.
  • A 0.26, on voit bien la patte qui se décale, libérant la pression exercée lors du changement de position.

 

Un tas de petites imperfections qui peuvent très vite s’aggraver si on laisse faire le temps.

Avec le soutien de ma formatrice (Debbie Gross) j’ai donc établi un programme de rééducation qu’elle a validé. En effet, n’ayant pas dix ans d’expérience dans le métier, j’aime avoir son aval avant d’écrire un article et vous raconter de totales inepties !

Malgré tout, je sais que des vétérinaires et des ostéopathes me lisent – votre avis est comme toujours, aussi bienvenu que respecté. Si vous désapprouvez une partie du contenu de cet article (ou sa totalité !) je vous invite à l’exprimer afin que nous puissions en débattre de façon aussi courtoise que constructive.

Notez que l’invitation tient aussi si vous voulez valider mes propos… 😀

Dans le prochain article, je développerai tout ce que j’ai pu mettre en place pour aider Nyastiel : cela fait quinze jours que nous avons commencé, et je vois déjà de très gros progrès. Cependant, pour que vous puissiez clairement voir la différence, je posterai la seconde partie de cette étude de cas un mois après avoir commencé le travail.

 

Il n’y aura donc pas d’article la semaine prochaine.

 

On se retrouve le 18 avec un bon gros dossier, j’espère que cette étude un peu technique vous aura intéressé ! Gardez bien en tête qu’il s’agit d’une étude de cas : si votre chien montre des similarités avec Nyastiel, son problème peut être complètement différent. Ne commencez jamais un travail de rééducation seul, et surtout pas sans l’aval de votre ostéopathe. Il n’y a rien de pire que de faire des bêtises avec un chien qui souffre…

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