Vous ne savez pas couper les griffes de votre chien ?

Les griffes de Youki, vous y pensez parfois ? Oui, allez, une fois par an, ou deux fois par semestre, lors de sa séance chez le toiletteur. Vous avez déjà vu les coupe-griffes, déjà essayé, la panique au ventre à l’idée de le faire saigner, et puis vous avez renoncé… Fini la défile ! Dans cet article, vous allez comprendre à quel point il est important de les couper, pourquoi et surtout comment le faire. Bouclez votre ceinture, c’est parti !

A quoi… Ne servent pas les griffes.

Leur utilité… C’est quand même la question principale, pas vrai ? Souvent, on imagine que les griffes servent d’outil de traction : le chien plante ses pattes profondément dans la boue, y plante encore plus profondément ses griffes, et impossible de trébucher sur un sol glissant ! Cela pourrait être vrai, cependant, nous utilisons rarement nos ongles pour tenir en équilibre dans ce cas de figure, et nos orteils de façon très accessoire : étalés en éventail dans la chaussure, ils prennent plus de place, permettant plus de contact avec le sol pour garder l’équilibre… Et c’est tout.

Le chien fonctionne également de la même façon – ses griffes ne l’aident pas à tenir sur ses pattes, c’est sa notion de l’équilibre qui fait tout le boulot. Et comment gère-t-il ce dernier ? A l’aide de ses coussinets !

 


Les coussinets, l’allié caché du chien

D’après le Dr. Leslie, les coussinets permettent au chien de se repérer dans l’espace : ceux ci l’aident à situer le sol (son dénivelé, son adhérence, sa texture…) mais également où se situe l’horizon (très utile pour les chiens de sport qui doivent se repérer très vite). De ce fait, un chien d’agility à qui on demanderait un saut regroupé (le chien saute en formant un arc de cercle pour tourner juste après sa réception) saura exactement dans quelle direction se pencher pour contrebalancer son virage, et gardera une maîtrise parfaite de sa course malgré de nombreux changements de point de vue. Ce tour de force lui est permis grâce aux informations que collectent ses pattes, qui sont traitées par son cerveau en corrélation avec les mouvements des muscles de son cou. C’est ce même mécanisme qui nous permet de nous rattraper lorsque nous trébuchons : nous ne réfléchissons pas à comment garder notre équilibre, cela se fait automatiquement.

 


Le problème des griffes trop longues

Le processus perd en efficacité lorsque les griffes commencent à toucher le sol alors que ce dernier est parfaitement horizontal : non seulement le chien se met à se tenir légèrement en arrière sur ses pattes (puisque les griffes sont en contact direct avec le sol, il ne peut pas poser ses coussinets bien à plat) mais en plus il envoie à son cerveau l’information que le sol est légèrement pentu, ce qui rentre en contradiction avec les informations relayées par ses yeux et par la position naturelle de son cou. Sa démarche en est altérée, sa position également, son poids est mal réparti, et c’est ainsi que de vieux chiens aux griffes trop l

ongues développent ou aggravent des problèmes articulaires ou osseux, et que de jeunes chiens préparent le terrain pour leurs vieilles années.

 


Mythes et excuses

Il ne faut pas les couper, elles se liment seules.” On l’entend souvent celle-là, et si effectivement, certains chiens sont pourvus de cette chance, la plupart, non ! Nos chiens ne sont plus des loups, ils ne marchent qu’une à deux heures par jour si ils ont de la chance, alors que leur ancêtre lui, doit chasser pour survivre, et marche donc pendant des heures entières en usant ses griffes sur des sols divers. Cessez donc de vouloir faire courir votre toutou sur le macadam, en faisant cela, vous lui bousillez les coussinets…

L’un des principaux éléments empêchant également la coupe des griffes est la peur de faire mal, ou la peur… Du concerné ! En effet, le fait que votre chien se débatte peut être motivé par le désagrément du contact contre ses pattes (d’où l’intérêt

de l’y habituer jeune) mais souvent, il s’agit de douleur pure et simple : en marchant sur un sol dur avec des griffes longues, votre chien ressent à chaque foulée l’impact de sa griffe dans son fourreau, créant à force une inflammation, qui rend donc toute manipulation douloureuse. Vous le devinez, le moyen le plus simple de régler le problème est donc de le faire disparaitre ! (on parle de la longueur des griffes, pas du chien hein, suivez un peu. )

 


Comment couper les griffes d’un chien ?

Vous connaissez sans doute l’astuce : avec une griffe blanche, il suffit de repérer la veine et de couper (ou de limer avec un dremel) le reste. Oui… Mais et les griffes noires alors ?! …

Pour comprendre comment couper, il faut regarder la forme de la griffe (qu’elle soit blanche ou noire) : Susan Garrett y consacre un bon article avec des schémas très parlants, mais consentons-nous sur l’essentiel. La griffe est constituée de deux parties : une partie vivante (la pulpe) qui est sensible et irriguée par des vaisseaux sanguins, et la partie morte (qu’on appellera la carapace, traduction de shell utilisé par les anglais). Lorsque la griffe pousse, elle forme la partie morte en forme de bec, puis s’épaissit au fil des jours avant que la pulpe ne s’avance, suivie par la veine qui l’irrigue. Sur la photo suivante, vous avez un très bon exemple de cette étape, où la carapace est en création, le bout de la griffe est en forme de bec, l’ensemble étant plus fin que la base.

A cette étape, il est très facile de couper la griffe pour la réduire de moitié :

Et après la coupe, on peut même fignoler encore un peu, juste en se fiant à l’apparence de la griffe (vous voyez à quel moment la forme change ? Tant que le bout de la griffe forme un bec plus fin que la base, vous pouvez y aller)

Ci dessous, une photo de l’étape suivante, lorsque la griffe commence à s’épaissir et que la pulpe progresse dans son nouveau carcan mais n’est pas encore tout au bout. Il faut donc couper avec prudence, petit bout par petit bout. Une astuce pour savoir si vous approchez de la pulpe est de regarder l’intérieur de la griffe : la pulpe se matérialise par un rond noir dans une griffe blanche, et un rond blanc dans une griffe noire. Si c’est un petit point, vous pouvez encore couper, si le point prend la moitié de la griffe, arrêtez ! Une autre astuce est également de “pincer” la griffe avec les lames de votre outil, sans la couper. Comme vous êtes de bons lecteurs, vous avez lu, compris et deviné où je voulais en venir : comme la partie vivante est sensible, votre chien bougera, ou retirera sa patte si vous agacez la partie qu’il ne faut pas couper.

Lorsque la griffe est trop longue, ou que la veine est tout au bout de sa carapace, il ne reste plus qu’à couper la partie morte très régulièrement. Le but est de couper le plus près de la pulpe, sans jamais faire saigner, pour la mettre à l’air libre. Elle se mettra alors à reculer dans la griffe, et vous pourrez alors couper à nouveau la partie morte, jusqu’à ce que la griffe atteigne une taille raisonnable (normalement, un centimètre de griffe suffit largement !)

Notez que :

  • Le strict minimum est une griffe qui ne touche pas le sol lorsque le chien se tient debout, et ne cliquète pas lorsqu’il marche ET trotte, car une griffe peut très bien ne pas toucher le sol mais le racler lors d’un trot ou d’un galop
  • Les chiens de sport ne doivent pas se contenter d’avoir des griffes en “moyen état” qui ne touchent “presque pas” le sol en position debout : lorsqu’ils vont courir, les griffes vont racler contre le sol et provoquer la même inflammation que cité plus haut.
  • A choisir, coupez plutôt la griffe verticalement et vers le haut, plutôt que de couper la partie basse, qui va de toute façon légèrement se limer lors des déplacements du chien (exemple avec une griffe très courte, limée au dremel)
 

Récapitulons, pour couper les griffes de Médor, il faut…

  1. Vous détendre. Non, vous n’allez pas l’amputer si vous y allez doucement, étapes par étapes, sans essayer de couper à mi-griffe dès le début. Et si il saigne, ce n’est pas grave ! Appliquez une pression légère sur la coupure pour stopper le saignement et essayez de ne pas fondre en larmes, vous ne l’avez pas tué.
  2. Calmer votre chien si vous n’êtes pas serein – avoir des friandises sous la main peut aider
  3. Couper les longs poils sous ses pattes, entre ses coussinets et sur ses griffes
  4. Observer les-dites griffes : si elles finissent par un bec, vous pouvez couper la partie fine sans problèmes
  5. Si elles sont épaisses de façon uniforme, coupez tout doucement, petit bout par petit bout : si un cercle de couleur opposée à celle de la griffe apparait, arrêtez.
  6. Si vous n’êtes pas encore sûr de vous, serrez un peu le coupe-griffes avant de sectionner, et surveillez votre chien : si il montre un signe d’inconfort, c’est peut-être que vous compressez la pulpe, et que vous le ferez saigner en coupant
  7. Procédez à cet exercice une à deux fois par semaine si les griffes sont trop longues, en essayant de couper au plus près de la pulpe pour la faire reculer
  8. Maintenez l’état des griffes en les inspectant régulièrement, et les coupant tous les mois environ, si leur pousse n’est pas rapide.

Voilà ! Vous avez toutes les clés en main pour rendre cette opération si stressante en vrai loisir. Là, vous maîtrisez sur le bout des ongles, mais le seul obstacle reste peut-être le comportement de votre chien… Nous traiterons cela dans un prochain article, car s’occuper des griffes ne doit pas être un moment stressant pour vous deux, bien au contraire ! En attendant, vous pourrez trouver votre bonheur dans ces articles d’éducation canine !

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Les balades silencieuses, encore une mode fort inutile

On dirait le titre d’un blog écrit par un quinquagénaire bossant en coercitif et très ancré dans ses traditions. Pourtant, non, je gave mes chiens de friandises, je suis éducatrice en méthodes positives et j’aime